Les mouvements artistiques que tout graphiste doit connaitre #003
Le mouvement Bauhaus : l’école qui a révolutionné le design moderne
Le Bauhaus est une école laboratoire de design, architecture et arts décoratif crée en Allemande à Weimar (Allemagne) en 1919 par l’urbaniste Walter Gropius.
Mais ce b’était pas qu’une école d’art. C’était une philosophie.
Son idée fondatrice : unir art, artisanat et industrie pour créer un monde où le design sert la vie quotidienne.
Entre 1919 et 1933, le Bauhaus a bâti les fondations du design moderne, influençant encore aujourd’hui le graphisme, l’architecture et la typographie.
Lieux : Weimar, puis à Dessau et enfin à Berlin
Les origines du Bauhaus : naissance d’une vision nouvelle
Après la Première Guerre mondiale, l’Allemagne cherche un renouveau artistique. Le Bauhaus va répondre à cette attente..
le Bauhaus émerge comme un souffle d’innovation. Walter Gropius fonde une école où artistes et artisans collaborent.
Le but ? Abolir la frontière entre création artistique et production utile.
C’est une école-laboratoire qui s’efforce de réunir art aplliqué, sculpture, peinture et artisanat en tant qu’éléments permanents d’une nouvelle architecture.
C’est est une révolution : on y crée des œuvres et on y teste des idées.
L’objectif : “l’art au service de la vie”
Exemples notables :
- Marianne Brandt, pionnière du design industriel et des objets du quotidien.
- Gunta Stölzl, qui modernise l’art textile.
- Johannes Itten, explorateur des couleurs et des formes géométriques.
Les principes du mouvement Bauhaus
Fonction, forme et simplicité
Le Bauhaus c’est l’abolition des divisions entre les disciplines artistiques, artisanales, architecturales et industrielles. Un esthétisme pur et simple ; un minimalisme prononcé avec une influence du constructivisme russe
(cf. précédent post sur le Constructivisme russe)
Le Bauhaus repose sur trois piliers essentiels :
- La fonction avant la forme : chaque objet, bâtiment ou visuel doit avoir une utilité claire.
- La simplicité : pas de décoration inutile, place aux lignes pures.
- L’harmonie entre formes et couleurs : le carré, le cercle et le triangle deviennent des symboles visuels du modernisme.
Cette pensée donnera naissance au célèbre adage : “La forme suit la fonction.”
Les artistes privilégient : une esthétique épurée, des formes géométriques, des couleurs primaires et une composition équilibrée.
Exemples visuels : triangles, cercles, grilles modulaires.
Principe : lisibilité, structure, équilibre dynamique, chaque forme doit répondre à une fonction.
Les grands maîtres du Bauhaus
L’école attire les esprits les plus brillants du XXe siècle
Parmi les nombreux professeurs de renom qui y ont enseigné le graphisme, on peut citer :
- Walter Gropius : architecte, urbaniste et 1er directeur de l’école,
- Ludwig Mies van der Rohe : architecte & designer de mobilier
- Paul Klee et Johannes Itten : peintres, cours sur les formes et les couleurs,
- Wassily Kandinsky : peintre et pionnier de l’art l’abstraction,
- Herbert Bayer : maître de typographie de l’école,
- Josef Albers : Pédagogue de l’art, étude des matériaux, théoricien de la perception chromatique,
- Marcel Breuer : designer de mobilier, cours sur l’art et la technologie, directeur de l’atelier de charpenterie,
- Oskar Schlemmer : atelier de peinture murale, atelier de sculpture et théâtre du Bauhaus,
- László Moholy-Nagy : explorateur de la photographie et du photomontage et typographie,
- Anni Albers : design textile, techniques de tissage et des matériaux,
- Lilly Reich : designer, architecte d’intérieur.
Le Bauhaus devient un véritable laboratoire d’avant-garde.
Le mobilier et le design industriel
Du l’objet beau à l’objet beau et utile
Les objets conçus au Bauhaus sont pensés pour être accessibles, rationnels et reproductibles.
Les designers du Bauhaus cherchent à produire des objets beaux, accessibles et produits en série.
Certains sont dans des musées (Beaubourg, MoMa) ou continuent à être fabriqués.
Des icônes du design moderne naissent dans ses ateliers :
- Mobilier de Marcel Breuer : chaise Wassily (1925)
- Ludwig Mies van der Rohe : Chaise MR10 (1927), fauteuils MR20 (1927-1930) et Barcelona (1929)
- Marianne Brandt : Théières (1924)
- Wilhelm Wagenfeld : Lampes (1924)
Le Bauhaus pose ainsi les bases du design industriel contemporain.
La typographie Bauhaus
2 impératifs : géométrie et lisibilité
Les typographes du Bauhaus rejettent les fioritures et explorent la géométrie pure.
Herbert Bayer créa en 1925 une typographie pour les communications officielles du Bauhaus : une « fonte idéaliste » appelée Caractère Universel.
Une typo sans-serif et géométrique.Sa police “Universal” supprime les majuscules et s’appuie sur des formes simples et lisibles.
Cette logique donnera naissance plud tard à des typographies modernes omniprésentes dans le design graphique actuel comme Futura ou Helvetica.
Ou encore la typo Bauhaus 93 créée en 1969 par Joe Taylor.
https://font.download/font/bauhaus-93
Le design architectural du Bauhaus
L’art qui construit la vie moderne
À Dessau, Gropius conçoit un bâtiment manifeste : murs de verre, acier, structure fonctionnelle.
L’architecture du Bauhaus privilégie la modularité, la clarté et la lumière.
Des créations comme la Maison Gropius ou la Chaise Wassily de Marcel Breuer incarnent cet équilibre entre beauté et utilité.
Caractéristiques :
- Architecture fonctionnelle et épurée
- Simplicité en matière de design
- Pas d’ornementation superflue
- Matériaux : verre, acier et béton
Exemples :
- Bâtiment de l’école Bauhaus et la maison de Gropius à Dessau (1925)
- L’usine Fagis à Alfeld an der Leine (Allemagne)
- Le complexe de Weissenhof à Stuttgart (Allemagne)
- Le pavillon allemand à l’Exposition Universelle de Barcelone de 1929
L’héritage du Bauhaus dans le design graphique
Le Bauhaus influencé et posé les bases profondément le graphisme moderne :
compositions équilibrées, grilles de mise en page, alignements, hiérarchie visuelle, typographie claires, couleurs primaires et compositions abstraites.
Ses principes nourrissent encore aujourd’hui :
- Le Swiss Style
- Le Minimalisme
- Le Web design et les interfaces UX/UI contemporaines
Affiches de l’exposition du Bauhaus à Weimar (juillet à septembre 1923)
La fin du Bauhaus et son héritage mondial
Un mouvement éteint, mais immortel
En 1933, le régime nazi ferme l’école (alors installée à Berlin).
Ils l’accusent d’être un vivier de communistes, un symbole de la « décadence de l’art et de l’architecture » et une école un enseignant un « art dégénéré ».
Beaucoup de travaux, typographies et oeuvres ont pu être sauvées de la destruction.
De nombreux artistes et professeurs s’exilent alors aux États-Unis pour échapper au nazisme et diffusent leurs idées à travers le monde.
Ce que l’on dit moins souvent, c’est que d’autres artistes ont franchement soutenu le régime pensant que la « modernité » des formes était compatible avec l’esthétique monumentale et glacée du national-socialisme.
Lire l’excellent article de Téléramà à ce sujet.
L’héritage de l’enseignement :
Moholy-Nagy fonde à Chicago l’Institute of Design, poursuivant l’esprit Bauhaus.
Dans les années 1950, l’École d’Ulm reprend ce flambeau, adaptant ses principes à l’ère industrielle.
Conclusion : le Bauhaus, plus qu’un style, un état d’esprit
Le Bauhaus n’est pas une esthétique figée, mais une philosophie intemporelle : créer des formes au service de la vie, de la clarté et de la fonction.
Il reste encore une source d’inspiration pour les créateurs d’aujourd’hui et le socle d’un design rationnel et universel.
C’est un guide pour repenser constamment le rôle du design dans notre monde en évolution.


